Collectif confédéral « Formation syndicale » - Réunion du 17 février 2016

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Suite à la décision de la Commission Exécutive Confédérale du 25 juin 2015, le collectif confédéral « Formation syndicale » a été constitué et s’est réuni pour la première fois le 17 février 2016. Voici un compte rendu succinct des échanges, précédé d’une introduction de Grégory Roux, membre du Bureau Confédéral.

 

Introduction de Grégory Roux

Dans un contexte hostile au monde du travail, à toutes celles et ceux qui créent les richesses par leur travail, les défis posés à notre syndicalisme sont énormes. J’y reviendrai un peu plus précisément quand nous aborderons, en deuxième partie de journée les perspectives qui seront les nôtres avec le 51ème congrès de la CGT.

Mais quelque soient les décisions qui seront votées par les délégués représentants des syndicats au congrès, la formation syndicale demeurera un maillon essentiel, une priorité pour relever ces défis et stimuler notre objectif de permettre à chaque syndiqué de la CGT d’être un auteur, un acteur et un décideur de son avenir avec la CGT.

En 2014, un peu plus de 2% des adhérents de la CGT ont bénéficié d’une formation réalisée par la CGT. Si cela reste à apprécier au regard du contexte, des droits existants, des moyens disponibles dans la CGT pour développer nos objectifs, nous sommes encore loin des ambitions souhaitables. Même à considérer que la formation syndicale n’est pas le seul moyen disponible pour que les syndiqués de la CGT soient des plaques tournantes de la démarche de la CGT, de la démocratie syndicale et sociale.

Les enjeux qui nous sont posés nous invitent à être encore beaucoup offensifs, volontaristes, à bousculer les habitudes et les certitudes pour rendre encore plus attractive et accessible la formation syndicale CGT, faire évoluer l’offre et l’outil de formation.

La Commission exécutive confédérale du 9 juin 2015 a débattu de cette question et a acté un certain nombre de décisions qui doivent permettre notamment d’élargir la réflexion du pôle formation syndicale confédéral, de faire évoluer l’offre générale et spécifique de formation, de rapprocher le pôle formation syndical des organisations de la CGT… par la mise en place du collectif confédéral qui prend forme et fonctionnement dès aujourd’hui.

Si le collectif confédéral auquel vous avez accepté de participer, d’apporter votre réflexion, votre expertise, Antoine développera par la suite, doit répondre à l’ensemble de ces objectifs, je veux insister sur son rapport aux organisations.

Car plus largement, les organisations de la CGT sont demandeuses d’une maison confédérale plus disponible et plus tournée vers elles et leur activité. C’est ce qui ressort majoritairement du questionnaire qui leur avait été soumis par la commission des candidatures du 51ème congrès en juillet dernier.

L’objectif n’étant pas de faire à leur place, même s’il faut toujours rester attentif sur ce point, mais d’être un pôle d’appui à leur activité. Je crois cependant qu’il ne peut y avoir de meilleure proximité avec les organisations qu’en sollicitant l’investissement même des organisations dans le travail collaboratif.

C’est d’ailleurs un objectif majeur de ce groupe de travail qui par sa composition se veut travailler avec les organisations et au service des organisations pour leur permettre d’être des acteurs permanents de la mise en œuvre des décisions et orientations de congrès.

Le collectif confédéral sera à la fois un collectif de réflexion, mais aussi de construction et opérationnel à partir des décisions prises par la direction confédérale.

En bref, le collectif confédéral a pour mission de :

-          débattre et travailler sur  l’évolution des contenus de formation, veiller à ce que les contenus de formation correspondent bien aux besoins analysés ;

-           Constitué des sous-groupes de travail, il assurera les mises à jour régulières des contenus des formations ;

-      veiller à la cohérence et l’homogénéité de l’offre de formation ;

-      connaitre ce qui se fait dans les organisations pour le mutualiser ;

-      Créer plus de mutualisations entre les organisations ;

La construction de nouvelles formations à partir de nombreux besoins exprimés parmi lesquels des priorités sont à fixer.

Voici, sans développer les quelques éléments guides de ce pourquoi la CE confédérale a acté la proposition du pôle formation de mettre ou de remettre en place un collectif confédéral, dans lequel la future direction confédérale élue au 51ème congrès prendra toute sa place.

La mise en place de ce collectif et les axes de travail qui seront les nôtres doivent redessiner notre dispositif de formation syndicale, pour le rendre toujours mieux en capacité de faire face aux enjeux.

Et plus que jamais, dans un contexte sciemment organisé de perte de repères, de savoirs et de savoir-faire, la CGT dans son ensemble a la responsabilité de former plus et mieux ceux qui font qu’elle existe et demeure un repère incontournable pour les salariés et encore incontournée.

Le premier débat a porté  sur les missions et le fonctionnement du collectif. En voici les points essentiels :

Sur les missions :

Le collectif répond au besoin que la formation prenne toute sa place dans l’organisation. Le collectif doit œuvrer à ce que la formation soit vraiment une priorité dans la CGT.

Il sera un lieu d’échange important, un outil concret, qui doit aider à dépasser les difficultés dans les organisations, et impulser le débat partout sur les enjeux de la formation syndicale.

Cela devra se faire en lien avec l’activité car la formation vit quand l’organisation vit et se développe dans son activité revendicative. De même, est souligné l’importance d’intégrer dans les formations l’activité culturelle de la CGT, comme un des éléments permettant de redonner des repères idéologiques aux militants.

C’est un espace qui permettra de réfléchir sur les contenus des formations, et de faire des réactualisations fréquentes. C’est aussi un élément important pour motiver les formateurs.

Il répond aussi au besoin d’expériences spécifiques pour travailler sur les formations aux mandats et aux responsabilités.

Besoin de donner des outils aux RFS pour élaborer le plan de formation, pour impulser les parcours de formation aux mandats et aux responsabilités. Le contenu de la formation RFS apporte des réponses et il pourrait être partagé.

Un camarade estime qu’il faut renforcer et pousser la mise en œuvre de ce qui existe déjà avant de faire un niveau 3.

Développer la formation c’est d’abord augmenter le nombre de nos formateurs…c’est aussi une mission du collectif. Il s’agit aussi de répondre aux besoins de nos formateurs. Les formations aux contenus comme les fait Prudis peuvent être une solution.

La mutualisation des formateurs doit se faire à partir des organisations et pas d’en haut car cela perdrait en lisibilité.

Faire un état des lieux de nos dispositifs de formation est indispensable…pour cela on doit passer par les organisations territoriales.

Il faudrait réaliser une base de données consultable par les syndicats qui recense toutes les formations proposées par les organisations (attention aux conséquences sur la gestion des inscriptions).

Intégrer l’offre de formation ETUI dans nos plans de formation.

Impliquer le collectif dans les initiatives de coopération avec les Pays francophones et les DOM         

Il est important de faire connaître le collectif par les organisations et diffuser les comptes rendus des réunions.

 

Sur le fonctionnement :

Important de limiter les temps d’investissement et de trajet et de chercher à utiliser de nouvelles modalités pour échanger dans les groupes de travail. Il faut prendre en compte l’activité des membres du collectif dans leur organisation, pour que le collectif fonctionne et soit efficace.

La question est posée des moyens qui pourront être attribués pour les petites structures.

Dès la mise en place d’un groupe de travail, il faudra fixer les règles qui s’appliqueront en fonction des participants.

Nous pourrons utiliser les outils à distance comme Skype. Les réunions en présentiel devront porter sur la discussion des arguments, le pilote des groupes de travail étant chargé de préparer au mieux ces échanges.

Important que les membres du collectif disposent des outils nécessaires, et notamment en termes de formation.

L’essentiel sera de déterminer des priorités pour lancer les groupes de travail.

Il est précisé que tout en faisant partie d’un groupe de travail, chacun pourra être amené à travailler sur une autre famille de formation, ceci en fonction de son expérience.  Il est de même pour les formations recherches que nous organisons dans les Instituts du travail.

 

Le deuxième point de l’ordre du jour portait sur l’actualité de la formation syndicale :

 

La loi du 5 mars a amplifié les difficultés d’organisation des stages et notamment les inscriptions qui ont chuté considérablement. Cela a généré des réticences sur la subrogation.

 

Nous avons des difficultés de communication et toute la CGT ne s’est pas saisi de l’enjeu de mener la bataille sur le financement, notamment en négociant des accords collectifs.

Il est nécessaire d’impliquer les ULs dans la diffusion des informations.

De plus, il est utile d’assurer un suivi des sommes engagées pour compenser les pertes de salaires.

Concernant l’utilisation du droit à la formation, il faut fixer des principes et se donner les moyens de les mettre en œuvre. Le problème des congrès est posé.

Il est précisé qu’un courrier est envoyé aux organisations pour informer de la mise en place d’un dispositif exceptionnel pour le 51ème congrès. Le problème plus large de la participation aux congrès va être réfléchit par le groupe de travail confédéral piloté par l’administratrice, sans abandonner la bataille des droits. La priorité est l’utilisation des droits à la formation pour se former.

Une proposition de procédure définitive sera débattue au CCN. Elle pourrait être basée sur le versement d’une enveloppe aux organisations, qui serait définie à partir du nombre de FNI, de ce qui est réalisé et d’un coefficient favorisant les petites organisations qui n’ont pas forcément les moyens administratifs nécessaires pour traiter les dossiers.

 

En 2015, le bilan de la formation en région Bretagne montre une augmentation de ce qui est réalisé.

C’est le cas essentiellement pour les formations aux mandats et aux responsabilités. Pour 2016, l’effort sera porté sur la formation des syndiqués.

L’ensemble des syndicats, des secteurs public et privé ont été réunis et un encart sur la subrogation a été intégré dans le bulletin de la formation syndicale.

 

Pour la FD des Cheminots, un nouvel accord est négocié qui prévoit :

-          Un seul document pour la demande de CFESS et de la subrogation

-          La prise en charge par la direction de toutes les pertes de salaires en 2015,

-          Une mutualisation des droits entre les organisations syndicales

-          La formation organisée par la fédération restera hors champs du Fonds Paritaire.

 

En Rhône-Alpes, la baisse du nombre de stagiaires avait débuté avant 2015. Des assises de la formation syndicale ont été organisées.

Un socle de droits syndicaux va être élaboré, en intégrant les moyens pour la formation syndicale.

 

Le bilan du Centre Benoit Frachon montre que l’activité en 2015 a été égale à 2014. Début 2016, on constate une baisse d’activité.

 

Dans l’UD 35 des conventions prévoient la prise en charge totale par l’employeur. Il faut travailler la différence entre accord et convention.

Il serait intéressant d’avoir un recensement des accords et conventions négociées.

Le pôle formation sollicite les organisations pour faire remonter ces informations.

 

Les échanges sur l’offre de formation ont permis de pointer des axes de travail :

De nombreux besoins sont exprimés :

-          revoir l’intégralité des stages IRP : idée de construire une base confédérale modulable qui servirait aux organisations selon les besoins.

-          Il faut un stage DUP élargi, et préciser comment cela se passe pour le financement

-          Urgence de construire un stage politique financière

-          Un besoin de stage sur le thème : comment élaborer un dossier pour un avocat, l’inspection du travail ou autres…

-          Le contenu du stage « feuille de paie » ne correspond pas à la dénomination et cela créé des frustrations.

-          Besoin d’un module pour les défenseurs syndicaux

-          Il faudrait une formation pour les collectifs VS

-          Former nos formateurs aux contenus, à l’image de ce que fait PRUDIS. Faire le lien avec les stages confédéraux qui permettent aux formateurs de maitriser les contenus.

-          Mutualiser le module réalisé en Rhône-Alpes sur la partie Inter du niveau 2.

 

Mettre à disposition le module « documentation » de Rudy

 

Concernant le parcours pour les formateurs à l’ISST, une formation fin 2015 a généré beaucoup d’insatisfaction. Il faut que toutes les formations du parcours soient animées par le même universitaire.

Questions sur la pertinence d’une semaine de branche. Des FD la font sans l’appeler comme ça.

 

Intégrer dans les formations l’utilisation des moyens numériques et des nouvelles technologies (voir stage UGICT) notamment dans « rédiger un tract ». Ce stage pourrait être remplacé par un stage COM.

 

Il est souligné le besoin de réinjecter nos documents référence dans les formations, car les syndicats n’ont pas l’habitude de s’y référer.

 

Plusieurs camarades reviennent sur la nécessité de mutualiser les moyens pour la formation au niveau des régions. Certaines le font déjà….

 

Nécessité de réactualiser la plateforme ftp y compris de l’appeler autrement pour la rendre plus conviviale: certains camarades ne l’utilisent plus et ont créé un Cloud. La question est posée de faire de même au niveau confédéral.

De même pour le matériel pédagogique qui doit être conçu de manière rationnelle et fonctionnelle (exemple des documents du Niveau 1 que les formateurs doivent trier).

 

Mariannick nous informe que l’ETUI a fait un guide de formation à partir de ce que fait la CGT, et va le transformer en stage en ligne pour le diffuser dans tous les syndicats européens.

17 stagiaires de la CGT ont fait un stage ETUI en 2014, et 14 en 2015.

Le collectif confédéral doit aussi permettre d’avoir ce suivi.

Il est nécessaire de pousser la réflexion sur le Centre Benoit Frachon. Travailler sur ce que signifie « centre de ressources » : mettre à disposition des organisations des outils, des tutoriels…

 

Il est proposé qu’un autre groupe soit constitué sur la gestion des plans de formation, de l’élaboration à la mise en œuvre.

 

En conclusion, les prochaines échéances sont fixées :

-          La prochaine réunion du collectif confédéral aura lieu en juin.

D’ici là, nous finaliserons la composition des trois groupes de travail. Ils débuteront rapidement leurs travaux après que le pôle ait repris les éléments du débat d’aujourd’hui pour proposer des priorités.

-          Journées d’étude au Centre Benoit Frachon, les 2 et 3 novembre.

-          Rencontre nationale des RFS en mars 2017